Un peu d'histoire

La chapelle de Tadoussac est une ancienne chapelle de mission construite entre 1747 et 1750.

La chapelle de Tadoussac est érigée entre 1747 et 1750 sur un lieu qui est déjà riche en histoire. Par sa position au confluent de la rivière Saguenay et du fleuve Saint-Laurent, deux artères commerciales importantes, ce havre naturel constitue un emplacement stratégique. Les Amérindiens y pratiquent le troc depuis la préhistoire, et les marchands européens le fréquentent dès le milieu du XVIe siècle. En 1600, Pierre de Chauvin de Tonnetuit (mort en 1603) y fonde le premier poste de traite de la Nouvelle-France et essaiera en vain d'y implanter un établissement permanent.

Plaque tournante de la traite des fourrures, Tadoussac est aussi l'un des premiers centres missionnaires de la colonie destiné à l'évangélisation des Amérindiens. En 1615, le récollet Jean Dolbeau (1586-1652) y établit la mission de Sainte-Croix de Tadoussac, à proximité du poste de traite. Elle est reprise en 1641 par le jésuite Paul Le Jeune (1591-1664). Plusieurs chapelles desservent successivement Tadoussac au XVIIe siècle. L'une d'elles, bâtie par les pères Jean de Quen (1603-1659) et Jacques Buteux (1599-1652) en 1646, est en pierre. Elle est détruite entre 1665 et 1670.

La chapelle actuelle est élevée à l'initiative du jésuite Claude-Godefroy Coquart (1702-1765), qui en dresse les plans et la dédie à Sainte-Anne. L'équarrissage des pièces est confié à un dénommé Blanchard, et la structure est élevée par le charpentier Michel Lavoye. Les travaux sont financés notamment par les intendants Gilles Hocquart (1694-1783) et François Bigot (1703-1778).

Depuis, le 26 juillet de chaque année, une unique messe annuelle est célébrée, tel que cela a été promis à l'époque.

À propos de l'institution

L'église de mission de Tadoussac est désignée lieu historique national.

Cette charmante église située sur les rives du parc marin à Tadoussac a été désignée lieu historique national pour des motifs d’ordre historique et architectural. Elle est le seul lieu de culte d’origine qui témoigne de l’activité missionnaire des Jésuites dans les régions reculées de la Nouvelle-France et du phénomène de l’adhésion des Innus au christianisme. Par ses caractéristiques et ses techniques de construction, elle est la plus ancienne église en bois du Québec et du Canada et un exemple exceptionnel des églises de mission héritées de la Nouvelle-France. Construite à l’époque où Tadoussac était un centre actif de la traite des fourrures, elle témoigne de la relation qui existait entre le commerce des fourrures, les missionnaires jésuites et les peuples autochtones. De plus, elle constitue un excellent exemple d’un poste de mission où sont venus s’établir au milieu du XIXe siècle les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée afin de continuer à servir les besoins religieux de la population autochtone.

L’église de la mission de Sainte-Croix-de-Tadoussac occupe un emplacement de choix, au confluent de la rivière Saguenay et du fleuve Saint-Laurent, devant la baie de Tadoussac. Ce petit lieu de culte a été érigé de 1747 à 1750 grâce au support monétaire et matériel des intendants Hocquart et Bigot, des fonctionnaires de haut rang de la colonie française. L’église a connu diverses modifications au fil du temps, mais conserve un haut niveau d’intégrité.

Tadoussac fut pour les Jésuites le pied-à-terre à partir duquel ils pouvaient rayonner sur l’ensemble des autres lieux de mission du Domaine du Roi. La mission de Sainte-Croix fut d’abord mise sur pied en 1642 et la construction de la petite église en 1747-1750, à l’instigation du père Coquart, allait concrétiser cette approche. Le successeur du père Coquart, le père de La Brosse, fit non seulement œuvre d’évangélisation auprès des Innus de 1766 à 1782, mais il les scolarisa.